ORELSAN ET LA SéLECTION FNAC

Orelsan et la sélection FNAC


Le rappeur français à polémique du moment, Orelsan vient d’être supprimé du catalogue internet de la Fnac suite à des plaintes de lecteurs féministes. Voilà.

 

Brrrrr !!! Les Air max Photoshop !

 

Pourvu que l’on n’en parle pas

Il y a de ces informations énervantes comme celle-ci où faire son devoir, informer devient un sacerdoce. Orelsan secoue une nouvelle fois la France à cause de sa présence sur le catalogue papier de la Fnac envoyé personnellement  à 3 millions d’adhérents et distribué dans tous les magasins.

 

En page 53 du catalogue, on peut apercevoir le nouvel album d’Orelsan « Perdu d’avance » promu par la Fnac avec la mention : « La polémique sur l'un de ses textes ne doit pas occulter le talent de ce jeune rappeur. Son ton volontairement très provocateur et son flow nerveux, boosté par un son impressionnant, servent une écriture serrée, digne des plus grands. Il y a du Eminem chez Orelsan ! »

 

Parole, parole

Plusieurs lecteurs ont demandé explicitement à la Fnac de retirer l’album d’Orelsan du catalogue en rappelant quelques unes de ces paroles : « Maintenant les meufs portent du Vuitton, des grosses lunettes dorées / Avant c'était qu'pour les vieilles putes blondes décolorées / Les gars s'habillent comme des meufs et les meufs comme des chiennes / Elles kiffent les mecs effeminés comme si elles étaient lesbiennes ». Entre autre.

 

Agitateur culturel

Le groupe PPR (Pinault Printemps Redoute), propriétaire de la chaîne Fnac a crée une Fondation pour la dignité et les droits des femmes dont l'objectif est "sensibiliser les internautes aux droits des femmes". La Fnac joue sur les deux tableaux.

 

Comme l’expliquait très bien Jacques Denis, journaliste au Monde Diplomatique dans son article : « La Fnac ou les avatars d’un marketing culturel » sous-titré forger un goût moyen en célébrant le non-conformisme, à travers une fausse image d’entreprise culturelle, la Fnac mise tout sur le business. Elle s’autoproclame « agitateur culturel » mais fait les deux tiers de son chiffre d’affaires sur la haute technologie. La culture est une vitrine où les films types Bienvenue chez les ch’tis côtoient les séries américaines à succès, le Top 50, Dan Brown et Harlan Coben.

 

Jean Rochard, un producteur indépendant dans le milieu depuis plus de 30 ans habille la Fnac pour l’hiver : « L'agitation culturelle des artistes estampillés Fnac, c'est la grande mise en scène. Dans les faits, tu paies pour vendre ton disque moins cher… ». Pour contraster avec cette vision unilatérale, sont peut-être aussi exposer les raisons de la survie de la chaîne. Jim Jarmush, de passage à Paris pour promouvoir The Limits of Control la semaine dernière, se ravissait de voir persister des supermarchés du disque comme la Fnac ou Virgin. Il expliquait que de telles grandes surfaces n’existaient plus aux Etats-Unis et que les achats culturels étaient dans leur majorité interactif.   

 

Malheureusement, on en parle

Orelsan a, quant à lui, un public derrière lui. Il rapporte. Si la décision des PDG de la Fnac est de supprimer le rappeur français de son catalogue Internet, l’album d’Orelsan est toujours dans les bacs.

 

Le plus énervant c’est que d’une, la polémique autour de sa participation aux Francofolies de La Rochelle l’avait fait connaître du grand public, de deux, ce nouveau buzz le sert encore unes fois plus qu’il ne le dessert. A deux semaines de Noël, c’est une belle publicité. Pour la Fnac aussi bien.

 

 

Arthur Diens (Le 15 décembre 2009)