AU FIL DU RASOIR
Au fil du rasoir
A la question : qui est-ce qui se rase avec Gillette ? plus personne ne lève la main. Tricheur, voleur, trompeur, menteur, la marque de rasoir a pris deux coups massues consécutifs. Le retour du bâton d’un marketing au fil du rasoir, c’est l’enquête de cette édition.

Sur le fil du rasoir. Copyright : Kevin Collins
Henry dégaine le premier
L’homme au masque de fer et à la main d’acier a sérieusement abîmé l’image de la marque lors du match retour France-Eire. Egérie de la marque de rasoir, Gillette a vite fait de supprimer des petits écrans tous les spots publicitaires où apparaissait Henry en tenue d’Adam, l’arme au poing et la mousse au visage.
Les deux font la paire
La semaine dernière, c’est Tiger Woods, proclamé homme parfait par toute une génération qui voyait en lui le symbole d’un melting-pot réussi (fils d’une mère thaïlandaise et d’un père afro-américain). Le jeune prodigue filait le parfait rêve américain en cumulant ascension sociale et réussite professionnelle (il excelle dans un sport de blanc et de riche : le golf) et personnelle.
Tiger a trompé sa femme. C’est l’assassine conclusion de son modique accident de voiture survenu la semaine dernière. Tiger n’est plus le gendre idéal, le modèle de père de famille dont l’Amérique s’était accoutumé. Tiger est devenu un menteur. Quel culot !
Le blâme
Terrible coups durs pour les deux sportifs qui n’ont même plus le droit de se raser avec Gillette. On pourrait rétorquer que la marque manque de jugeotte, qu’elle nous vend des Mac depuis plusieurs années et que le retour de bâton est légitime.
Dans le monde de la pub, la moindre erreur est fatale. C’est l’image, toujours l’image. Retouché sur Photoshop ou non, les sportifs et pas qu’eux sont surexposés. Au grand jour, sont révélées jusque leurs plus petites erreurs, une glissade malencontreuse, un téton qui dépasse, une aisselle mal rasée, un point noir, bah vilain point noir. Vous vous êtes grattez le nez il y a cinq ans au cours d’une soirée arrosée, ne vous en faites pas, quelqu’un était là et postera bientôt votre photo, ce dossier dont vous vous seriez bien passé sur votre compte Facebook.
Thierry et Tiger ont les caméras braquées sur eux. Gillette coupe court aux bandes-annonces les faisant apparaître et embauche des inconnus. Wilkinson, Pepsi et TagHeuer lâche Tiger Woods. C’est Festina et CocaCola qui doivent être contents.
Cyril Lahache (Le 14 décembre 2009)














