DESSINE-MOI UN MOUTON
Dessine-moi un mouton
Harry Roselmack est au centre d’une mini polémique alors qu’il suivait Jamel un jeune musulman essayant de voler un mouton à l’abattage de Saint-Louis (Marseille).
Drôle d’histoire
L’Aïd-el-Kédir signifie « la grande fête » en arabe. C’est une fête musulmane célébrant la soumission d’Ibrahim à Dieu. Dans la symbolique, l’égorgement de son fils Ismaël est remplacé par celui d’un mouton. Aujourd’hui, en France, les autorités ont mis en place l’organisation de l’abattage pour prévenir des mauvaises conditions d’hygiène. Les particuliers n’ont ainsi plus à égorger le mouton à domicile. Ce type de pratique est ainsi punie par la loi (amende de 7500 euros, 6 mois de prison).
Peu importe, Jamel prend le risque et emmène le journaliste de TF1 avec lui. Harry Roselmack explique qu’il prépare un reportage dans le cadre de l’émission « Harry Roselmack en immersion ». Ca buzz sur Internet et l’affaire se transforme en « Harry vole un mouton ».

A TF1, c'est l'homme de la situation
Harry Roselmack n’a pas volé de mouton
Harry Roselmack n’a pas volé de mouton. Il se trouvait seulement dans la voiture de Jamel, qu’il suivait au moment des faits. Alors qu’il y aille de sa petite blague face aux autorités locales : « Hé, par là, il y a un mouton vivant dans le coffre ! » juste bonne à faire arrêter la voiture par la police ou non c’est le processus d’investigation de Dirty Harry qui est critiquée.
Il y a investigation et investigation. Il y a la discrétion de Roberto Saviano et il y a le sensationnalisme de Michael Moore. Quand le premier infiltre la mafia façon gonzo, il dénonce un système à travers un compte-rendu de 500 pages : c’est Gomorra. Le livre devient best-seller, il est « adapté » au cinéma et le journaliste reçoit des menaces de mort émanant de plusieurs padrino. Non, il n’aurait jamais conduit sur les routes paisibles de l’arrière-pays napolitain avec une pancarte « je suis de la mafia, j’ai des armes plein le coffre ».
Le travail de Michael Moore est plus douteux. Il transforme la vérité et exagère jusqu’à recevoir les foudres d’un public initialement acquis à sa cause. Sensationnaliste, clinquant, provoc’ et par essence polémique c’est du spectacle, de la poudre aux yeux, une caméra-fusil prête à déglinguer partout, n’importe qui, n’importe quoi, n’importe où et surtout n’importe comment.
La polémique Harry Roselmack est bonne à une chose. Elle met en exergue et ravive la question : Qu’est-ce que le journalisme ? Qui est le journalisme ? Que fait-il ? Doit-il s’imposer des limites ?
Arthur Diens














