CHANTAGE
Chantage, chantage
Copenhague vient de démarrer et déjà c’est cool, on peut rire de cette grosse blague : lutter contre le réchauffement climatique.
Pas de langue de bois
N’allons pas trop vite en besogne et voyons plutôt. Nicolas Sarkozy a insisté pour que Jacob Zuma, le président sud-africain participe à la conférence de Copenhague. Pas de doute, celui-ci a réaffirmé sa participation le 17 et 18 décembre.
Jacob Zuma ne veut pas faire le déplacement pour rien. C’est une position louable car l’aller-retour Le Cap Copenhague représente un max de kérosène lâché dans la haute atmosphère. Par les temps qui court, mieux vaut éviter. Donc, l’Afrique du Sud préfère donner à penser par communiqué de presse interposé. L’atout majeur de son geste, un franc-parler peu commun en politique qui pourrait bien débrider la situation. Ou dit autrement, décoincer les fions de pingouins de Copenhague qui n’ose pas encore attaquer le vif et discute encore de leur belote du week-end.

Les chaises musicales relancés à Copenhague (AFP/Keld Navntoft/Scanpix)
Communiqué de presse
« L’Afrique du Sud s’engage à prendre des actions de prévention qui permettront de réduire les émissions actuelles d’environ 34% d’ici 2020 et d’environ, 42% d’ici 2025 ». Par contre elle demande un « aide de la communauté internationale, en particulier dans les domaines financier, technologique et transfert de savoir-faire ». Bah tiens.
En matière de chantage, on ne fait guère mieux. Même dans les cas où la communauté internationale se pliait gentiment aux exigences de l’Afrique du Sud, un des principaux pays émergents et le 8ème pollueur mondial (si l’on prend en compte le nombre d’émissions de gaz carbonique par rapport au nombre d’habitants), cela voudrait dire qu’un pic de pollution serait atteint vers 2020-2025, puis phase de stagnation d’un décennie environ (j’aime beaucoup l’usage du terme « environ ») et baisse progressive des émissions de gaz carboniques.
Autrement dit
Autrement dit, pour l’Afrique du Sud et dans le meilleur des cas les premiers effets de la lutte contre le réchauffement climatique seront visibles :
- A l’horizon 2030 (entre 2028 et 2038 pour être tout à fait exact, soit une approximation relativement importante à prendre en compte)
- Si la communauté internationale respecte les conditions sud-africaines
- Si l’estimation sud-africaine s’avère correcte
- S’il n’y a pas de crise d’ordre quelconque qui viennent troubler le bon déroulement des projets mis en place

Centrale nucléaire de Koeberg en Afrique du Sud (AFP/Archives/Stringer)
Charbon
Hors, selon l’AFP, la première puissance d’Afrique « a été handicapée cette année par une récession qui a rogné le budget de l'Etat et par une crise énergétique qui l'a contrainte à puiser dans ses immenses réserves de charbon aux dépens des énergies propres. »
C’est crade le charbon (voir le barbecue du voisin) mais c’est pas cher. Et on en trouve sur place. Et pour plein d’autres raisons, Jacob Zuma et l’Afrique du Sud viennent de lancer la construction d’une nouvelle centrale à charbon, la plus grande du pays. C’est du propre, si j’ose dire.
Raccourci
Voici en très raccourci la présentation de la situation sud-africaine. Des négociations semblent être de rigueur et elle risque de durer et durer encore. 192 pays sont conviés à Copenhague, on le rappelle, tous on des exigences, des envies, des positions à défendre, etc alors qu’il va falloir marcher d’un pas uni et serein. Il va falloir prier…
Arthur Diens (le 8 décembre avec AFP)














