ELECTION PRESIDENTIELLE EN GUINEE
Election présidentielle en Guinée
Quelle ne fut pas notre surprise lorsque à la mort de Lansana Conté (alors président en Guinée), le 22 décembre 2008 un militaire inconnu du doux nom de Dadis Camara s’autoproclame président de la Guinée, suspend la constitution, dissout le gouvernement en clair prend le pouvoir et annonce des élections présidentielles pour la fin de l’année 2009 !
Il annonce comme pour satisfaire toute l’opinion publique qu’il ne se présentera pas aux élections de 2009. Ni lui, ni aucun membre du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le Développement) d’ailleurs. Fin 2009, on y est ! Les commandes, le dudit Dadis Camara les tient ferme et ne veut plus les lâcher. Qui s'étonne ?
En homme nouveau il affiche la rupture avec son prédécesseur. Il arrête tous les hauts responsables d’alors et fustige le trafic de drogue pour un retour à une économie saine. La population, la communauté internationale s’en félicite bien qu’elle reste silencieuse. Et le « militaire en treillis » peut mine de rien imposer sa loi.
Conakry, le 28 septembre 2009 : mobilisation pour la démocratie dans le plus grand stade de la ville. La junte au pouvoir refuse la manifestation. Elle n’est pas écoutée. L’armée « fait du nettoyage d’opposants » selon Yves Ekoué Amaizo. 127 morts. Camara se défend et nie. Il annonce une commission nationale d’enquête « qui sanctionnera les coupables ». Peut-il être juge et meurtrier à la fois ?
Mis au banc de la communauté internationale, l’homme se dévoile : « Je ne quitterais pas le pouvoir à moins que l’on vienne m’y chercher ». Théoriquement, tout citoyen guinéen peut se présenter aux élections mais théoriquement. Comme il avait dit et reaffirmé tout ça on lui refuse le droit de se présenter.
Si l’arrivée au pouvoir de Dadis Camara a servi à une chose c’est au moins d’avoir unifier l’opposition guinéenne suite aux évènements tragiques. Sans armes et loin du pouvoir, c’est à Blaise Compaoré, président burkinabé qu’ils s’en remettent.
Mais c’est comme si tout, la réaction de l’opposition comprise, avait été prévu par le stratège. En attaquant, Camara couvre ses arrières : Dadis Camara et le groupe de militaire au pouvoir « ne peuvent quitter le pouvoir pour se retrouver devant des tribunaux internationaux » et « puisque chacun sait que les tribunaux en Afrique n’ont pas pour objet de punir mais de permettre de ne pas aller devant les tribunaux internationaux » explique Yves Ekoué Amaizo, ça l’arrange bien que Compaoré vienne pointer son nez. Quant à la résolution de la crise guinéenne !
BO A.














