LA BOLIVIE APPELéE AUX URNES

La Bolivie appelée aux urnes

 

Les boliviens élisent leur président ce week-end. S’ils ont le choix entre trois candidats (Evo Morales, socialiste, président sortant), Manfred Reyes Villa (conservateur) et Samuel Doria Medina (libéral), l’enjeu semble être ailleurs.


Le président sortant Evo Morales a, selon les sondages, toutes les chances de briguer un second mandat. D’origine aymara, les boliviens à 60% indiens sont dans l’ensemble assez satisfait de sa présidence. Certains vont jusqu'à le taxer de « meilleur président de notre histoire ». Bingo Evo. On récolte ce que l'on sème et avec toi on sait que c'est pas des paquerettes.

 

 Kantuta, la paquêrette bolivienne


Les mesures d’Evo

Le gouvernement d’Evo Morales a par exemple nationalisé la production d’hydrocarbure. Grâce aux bénéfices effectués sur la production de gaz, le gouvernement a pu instaurer et financer une « rente de dignité » de 200 bolivianos (20,50 €) par mois pour les plus de 60 ans. C'est bien d'aider les retraités mais aussi les pauvres, « les femmes enceintes et les jeunes qui vont à l’école » précise les habitants de La Paz.

Des routes sont créées. D’autres sont rénovées. Les tuyaux de canalisations sont refaits dans la capitale.

 

Un souffle nouveau

Le vice-président Alvaro Garcia si voit déjà. Pour lui, Evo Morales et son parti conservent le pouvoir, c'est sûr de sûr, ça ne peut être autrement. Il a réaffirmé que le président et lui-même respecteront la Constitution (pas mal) et qu’ils n’iront pas au-delà du second mandat. Pour lui, ce second mandat sera l’occasion de « former un successeur » à Evo Morales en vue des élections de 2015.

Il est à fond. Lors d’une émission politique sur Red Uno, la télé bolivienne, il ajoute que « le président Evo et son vice-président (soit lui-même) postulent pour cinq ans de plus ». Cinq ans qui leur suffiront, d’après lui à insuffler à la Bolivie « un projet de société qui va durer plusieurs années ». Comme Bush et son cadeau Afghanisthan laissé à Obama. Amuse-toi mon bonhomme, ça c’est du cadeau, pas de ceux qu’on range au placard le 5 janvier.

 

 

Me llaman el desaparecio, Que cuando llega ya se ha ido

 

Traité de « populiste »

L’opposition se rebiffe. Normal. Pour faire entendre sa voix, elle aurait meme volée le mégaphone qui réveille tes voisins de Mickaël Youn confirme Frédérique Lopette ("je dors tranquille", ça c'est de la preuve). Elle accuse notamment les instituts de sondage de manipuler les électeurs dans la dernière ligne droite, alors que, selon elle, ces sondages ne reflètent en rien la réalité du terrain. Courageuse, elle persiste et traite le gouvernement sortant de « populiste » et de « paternaliste ». Du grand classique.

Après tout, c’est de bonne guerre. Cela suffira t-il à mettre la pression sur les électeurs ?

 

 

Arthur Diens