LE GRAND EMPRUNT DE 22 MILLIARDS
Le grand emprunt de 22 milliards
Nicolas Sarkozy vient d’annoncer à la presse les modalités du grand emprûnt, lors d’une conférence de presse, la deuxième du nom sous sa présidence. Confirmant les volontés des deux ex-premiers ministres Juppé et Rocard, l’Etat investira 35 milliards mais 22 en fait, autour de 7 pôles majeurs.
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Budgetisation
Sur les 35 milliards prévus par Nicolas Sarkozy pour financer le Grand Emprûnt, 13 milliards ont déjà été remboursés par les banques. Allez comprendre ! Il faudrait envoyer une mouche dans les comptes de l’Etat mais ce Grand Emprûnt 2009 à l’air d’être un complément à celui, incomplet, balancé un an plus tôt. Finalement, Sarkozy satisfait son gouvernement : François Fillon, Christine Lagarde et Eric Woerth refusaient catégoriquement l’opération à 100 milliards d’euros un temps évoqué.
Une opposition critique
Toutefois, le PS dans son ensemble et à son habitude critique le Grand Emprûnt. Il est un peu là pour ça aussi aurait dit Aristote. Voyons plutôt « une grande opération de communication et un aveu d'une très mauvaise gestion » pour Vincent Peillon. C’est noté. Un « échec des politiques libérales: la hausse des impôts ne s'est pas traduite par une augmentation des investissements aussi bien publics que privés, mais par une augmentation de l'épargne privée » communique Henri Emmanueli d’accord avec Peillon et moins laconique.
« Un emprunt, c'est de la dette supplémentaire. On peut craindre que le Grand emprunt ce soit les allègements d'impôts d'hier et surtout les impôts de demain » dixit le député socialiste Didier Migaud et un peu Nigaud. Non mais, un emprunt c’est de la dette, merci pour le scoop et ensuite, s’il fallait la liste de tout ce qu’il faut craindre. En un, ne rien avoir au pied du sapin. En deux, à si, craindre d’avoir la grippe A pour Noël. En trois, craindre de pointer au chômage dans moins de six mois. En quatre,…
Des idées sans fond
Malgré tout et même s’ils n’y mettent pas les mots, les socialistes approuvent. Qu’on le dise, le grand emprunt, c’est quand même une bonne idée. Ce sont des « priorités utiles pour préparer l'avenir de notre pays dans la recherche, l'innovation et l'enseignement supérieur. » ajoute Didier Migaud qui se reprend. Au PRG (Parti Radical de Gauche) de conclure « les orientations actuelles pour le grand emprunt vont dans le bon sens, notamment en donnant la priorité à l'éducation, la recherche et l'innovation. Néanmoins, cet emprunt va encore creuser les déficits publics ».
Bravo au PRG, à ce jeu de tir au pigeon, c’est celui qui a le dernier mot qui gagne.
Les sept pôles de la planète emprunt
Les sept pôles désignés priorités d’avenir et qu’il faudra lancer sur la route du plein emploi grâce au grand emprunt sont : enseignement supérieur et formation, recherche, industrie et PME, numérique et développement durable. On voit la tête de ceux qui viennent de se planter de filière, il ne fallait pas s’aventurer tête bêche en fac de psycho, c’est la caisse de Carrefour assuré, enfin, on est passé par là aussi et voyez, à 100% dans le numérique. Elles sont pour nous les 100 patates.

"100 patates, 100 patates, 100 patates".
Réduction des dépenses courantes
Le grand emprunt ne coûtera rien aux ménages français. « Plus d'investissements d'avenir, moins de dépenses courantes: c'est notre ligne d'action » a affirmé le chef de l’Etat. Comprenez, fini le Fouquet’s et les premières classes en Boeing, l’Etat français en 2010 c’est Macdo à l’Elysée et Rolex all over the world. Frédérique Lopette me signale que l’explication est toute simple : « Nicolas sarkozy a renoué avec Philippe Séguin. Ce dernier aurait troqué sa poupée voodoo contre une autre, ramenant à la vie Thomas Sankara riche en bon conseil ».
Si 10 milliards paraissent beaucoup comme trou à combler, il faut s’en remettre (excusez, on fait ce qu’on peut) à Ronald Reagan qui avait toute compris de la dette. « Reagan a prouvé que les déficits ne comptaient pas » a dit Dick Cheeney. Ils ne comptent pas pour le gouvernement en exercice mais pour celui qui suivra. D’où aussi, les dettes odieuses en Afrique.
Un président paternaliste
Au cas où cela serait encore nécessaire, Nicolas Sarkozy a terminé sa conférence de presse par une touche un brin paternaliste. Les français ils faut les dorloter, les caloter pour faire passer la pilule. "La situation reste très difficile pour nos concitoyens : les destructions d'emplois se poursuivent, le chômage touche beaucoup de famille", le chef de l’Etat compatit.
Arthur Diens avec Frédérique Lopette bien cachée dans les jardins de l’Elysée (Le 14 décembre 2009)














