ON NE BAT PAS POHAMBA
On ne bat pas Pohamba
Les élections présidentielles et législatives en Namibie se dérouleront le week-end du 27 novembre. Bonne idée de faire ça, présidentielle et législative, d’une pierre deux coups. Les habitants des zones les plus reculées doivent passer à gauche d’un troupeau d’éléphant continuer au Nord entre les dunes, photographier les gnous, s’abreuver à même la vache. Bref marcher pas loin de deux semaines et semer des petits cailloux pour aller au premier bureau de vote. La vache ! comme dirait l’autre. Voter deux fois rend la marche deux fois plus utile mais pas sur que ça motive deux fois plus.

Loin des clichés, le seul plan pas nature de Namibie
Pléiade de prétendant pour le titre de président et pourtant "zéro suspense" précise Frédérique Lopette envoyée en terre inconnue. D’abord parce que les himbas seraient en marche pour s'acheter du savon. Aussi éloignés soit-ils, "la Namibie est un pays catholique où Noêl a une place privilégiée. Les himbas sont des femmes très coquettes elles se mettent sur leur 31 pour l'occasion". Quant aux élections "elle s'en fichent comme de l'an 40" parvient à transmettre notre femme de terrain.
En ville (Windhoek la capitale ci dessus) le président sortant, Hifikepunye Pohamba est membre de la SWAPO. La SWAPO est au gouvernement depuis 20 ans. Les premières élections présidentielles en Namibie ont eu lieu il y a 20 ans. Déduction toute trouvée, la SWAPO n’a jamais (never) perdu les élections présidentielles. Ever ? We'll see.
Principal opposant, celui-là il est ben drôle, Hidipo Hamutenya critique les fraudes qui aurait eu lieu lors de la première élection du président Pohamba. Il était alors membre de la SWAPO et à bénéficier de ces fraudes, n'est-ce pas. Pohamba nie et demande à Hamutenya de revenir sur des propos dont les himbas "se fichent comme de l'an 40" a dit F. Lopette.
Pohamba est un homme modéré. Elu au pouvoir, il promet de lutter contre la corruption, la criminalité et l’expansion du Sida. Il indique qu’avant son élection de 2004, beaucoup de namibiens avaient ni accès à l’eau potable ni à l’électricité. Sans doute. Et aujourd’hui… ?
Mais "ils s'en fichent comme de l'an 40. Voyez-les. Toujours pas d'eaux, pas d'électricité, pas de carte 3G, pas de lunettes 3D, Tout ça, c'est des promesses de pédés" s'énerve F. Lopette surexcitée.
Aujourd’hui la Namibie reçoit par avion les bulletins de vote imprimés en Afrique du Sud. Une anecdote qui en dit long sur l’état actuel du pays. Le pays est-il en pénurie de main d’œuvre ? Non, les chiffres du chômage affolent les compteurs. En pénurie de papiers ? Avec ses diamants et ses sols fertiles, "c’est comme la main d'Henry, c'est du vol" (décidément). Peut-être. Complexe. Au futur président déjà connu de tenter d’y remédier.
BO A.














